Lauréats 2021-2022

Lauréat du Grand prix Québecor du Festival international de la poésie 2022

Paul Chanel MalenfantPhoto : Clément Brillant

Le Grand prix Québecor
du Festival international de la poésie 2022
est remis à :

le poète Paul Chanel Malenfant
pour le recueil
Chambres d’échos
publié aux Éditions du Noroît.

 


 

C’est ce matin, lors de la conférence de presse du lancement de la programmation du 38e Festival international de la poésie, que le poète Paul Chanel Malenfant recevait son prix de 15 000 $. Cette bourse est offerte conjointement par Québecor et le Festival international de la poésie. En plus de son prix, le lauréat est invité à participer aux dix jours du Festival, une valeur de près de 5 000 $. Il sera l’un des principaux invités du 38e festival (30 septembre au 9 octobre 2022).

« C’est un grand plaisir pour Québecor d’être aux côtés du Festival international de la poésie de Trois-Rivières depuis maintenant 17 ans et de contribuer concrètement au soutien des artistes d’ici en remettant le Grand Prix Québecor. Cette année, nous sommes heureux de souligner la plume remarquable du poète Paul Chanel Malenfant en lui remettant une bourse de 15 000 $, avec la collaboration du festival », a déclaré le président et chef de la direction Pierre Karl Péladeau, en ajoutant que Québecor est fière de soutenir des centaines d’organismes annuellement partout au Québec grâce à son initiative d’engagement social La culture du possible.

Chambres d’échos est un recueil qui témoigne d’une œuvre originale, d’une langue entre toutes reconnaissable, signée et précise. Bien que l’auteur ne renouvelle pas sa thématique, on ne peut pas nier le fait qu’il atteint dans ce livre une grande efficacité d’évocation, une sorte de synthèse des figures obsessionnelles qui hantent son œuvre entière. Ce très beau recueil navigue dans la mélancolie entre l’intime et la conscience du politique, le passé, le présent et l’anticipation de l’avenir. Navigue aussi entre la famille et les amours, la tristesse et l’émerveillement vis-à-vis de la nature.

Mais, la superbe unité de ce livre présente des suites en prose et des suites en vers où se mêlent des tonalités narratives, descriptives et réflexives avec une égale maîtrise de l’écriture dont la sensorialité en convoquant la vue, le toucher, l’ouïe et l’odorat, donne au propos une présence, une incarnation qui nous rejoint, nous touche

Ce recueil où l’on peut constater l’érudition de l’auteur nous offre aussi une importante réflexion sur le langage et l’écriture, particulièrement sur la poésie. Tout en approfondissant l’univers poétique qu’il a mis en place dans ses recueils précédents, Chambres d’Échos est l’aboutissement de son parcours. De plus en plus tourné vers l’autobiographique, Malenfant non seulement ne censure rien de ce qui pouvait être allusif dans ses premiers livres, mais nous offre un chant obstiné qui rejoue non pas les mêmes notes ou la même partition, mais une sorte de variation proche de celles de Bach où chaque fois on reconnaît le style, mais où chaque fois quelque chose de différent s’impose.  

Plus de 30 livres et manuscrits de poésie furent soumis à l’attention du jury composé de Nicole Brossard, Louise Dupré et Hugues Corriveau.  À l’unanimité, après de longues réflexions et discussions que le haut niveau de qualité que les titres soumis méritaient, le jury a choisi le recueil de monsieur Malenfant. 

Rappelons que ce prix a été créé en 1984 pour rendre hommage à l'œuvre de Gatien Lapointe. Il est accordé à un(e) poète pour un manuscrit inédit ou un livre de poésie publié au cours des 12 mois qui précèdent le 31 mars de l’année en cours.