Poésie sur TR

LA POÉSIE EST TROIS-RIVIÈRES


J'ai regardé le ciel
La ville portait son bleu
En habit de lumière
Le doigt dressé d'une cathédrale
Montrait un rêve que personne ne voyait
Les rues saignaient du sang
Des
Feuilles d'automne

Si vous allez à Trois-Rivières
Dites à la poésie combien je l'ai fêtée
Dites aussi au fleuve
Que ses mots m'ont ému
Et si je n'ai pas répondu
A l'oiseau qu'il m'a tendu
C'est que je reviendrai
Pour baiser ses paupières

Tant de gens m'ont aimé
Au creux de leurs oreilles
Que je suis devenu
Un poème d'amour
Une goutte de soleil
Au refrain du Zénob

Tant de femmes m'ont bercé
Au creux de leur voyage
Que j'ai voulu renaître
Grain de pollen ou feuille d'érable
Mouette de passage

Je n'étais que l'amant solitaire
Brûlé par l'automne
Au boucan des mots libres

Ernest Pépin
Trois-Rivières (Québec)
Le 07 octobre 2006
A 02 heures 20

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COMPTINE

Ne dis pas au vent
Qu'il transporte l'âme des morts
Tu pourrais les réveiller

Ne dis pas au soleil
Qu'il se lève trop tôt
Il pourrait en mourir

Dis à ta femme
Que tu l'aimes
Elle pourrait te croire

Ne dis pas à ta femme
Que tu l'aimes
Elle pourrait s'en souvenir

Ne dis pas au feu
Que ton amour est rouge
Il pourrait le brûler

Ne dis pas à la terre
Qu'elle tourne comme une femme folle
Elle pourrait t'interner

Dis à la vie
Qu'elle est un oiseau
Elle pourrait t'offrir des ailes

Dis à la vie
Qu'elle ressemble à la vie
Tu pourrais lui ressembler

Dis
Ne dis pas
Tu pourrais devenir un poème

Ernest Pépin
Faugas
Le 08 octobre 2006