Poésie sur TR

ZÉNOB*


Il est dans la ville comme un cœur qui bat
Entre le fleuve et la rivière
Le bleu de l’hiver
Et ses soleils qu’on abat

Il y a dans la ville
Avec le temps qui va
Une nuit majuscule où le rêve
Germe sous vos pas

Il y a dans la ville un sang
Qui fait lever sur vos forêts
Vos brisures et le siècle
Qui passe la libre étoile du poème

Il y a dans  la ville désamarrée
Un cœur en contrebande qui bat
Et nous change la vie
Il y a dans la ville au visage

Foudroyé d’obscurs et de clartés
Un souffle de rivières
Ou l’on attend avec l’aube
Que la poésie nous mette à l’envers.

 

Éric Brogniet, Trois continents  pour Trois-Rivières, suivi de Capitale de la poésie, Écrits des Forges, Trois-Rivières, 2003, p. 27.


* bar mythique où se déroulent, chaque jour, pendant le Festival international de la Poésie, les lectures des poètes du monde entier entre midi et beaucoup plus tard que minuit