Le prestigieux Prix
Gatien-Lapointe/Jaime-Sabines 2017
est remis au poète mexicain
Luis Armenta Malpica adobe


Trois-Rivières, le 6 septembre — Après lectures et relectures des 4 candidatures soumises par un jury mexicain, le jury québécois, formé de deux lauréats de ce prix, Louise Dupré, Jean-Marc Desgent et du président du Festival international de la poésie (Trois-Rivières, Québec), Gaston Bellemare, accorde, à l’unanimité, le Prix Jaime-Sabines / Gatien-Lapointe 2017, à Luis Armenta Malpica, notamment pour son recueil  Volonté de la lumière / Voluntad de la luz (traduction de Françoise Roy) publié en coédition par les Écrits des Forges (Trois-Rivières, Québec) et Mantis Editores (Guadalajara, Mexique).

Ce recueil illustre fort bien le bouillonnement, le feu, l’énergie extraordinaire qui anime autant le poète que l’éditeur curieux et dynamique qu’il est. Dans Volonté de la lumière / Voluntad de la luz, Luis Armenta Malpica se penche sur l'histoire de la Terre, le début du monde, de notre monde, de la création et de l’invention de la matière animale. S'intéressant particulièrement aux poissons comme "ancêtres" de l'homme, le poète porte un regard pénétrant sur l'évolution des espèces dans une langue d’allure parfois scientifique mais cheminant constamment, de l’universelle poésie du cosmique à l’intime de sa vie. C’est donc, à travers ce parcours, la nature humaine – et la sienne - qu'il questionne ici.

La dimension scientifique et philosophique de ce recueil engendre et, parfois, provoque la naissance de la poésie, aussi bien dans les sections en vers que dans celles en prose. Chez Malpica, la poésie vous rejoint tant par le rythme ample des vers ou des phrases, le travail des sonorités, la force des images aussi subtiles que précises et les associations qui vous déconcertent et vous ravissent.

Tu traînes sur toi un canard abattu, le coup de queue d'un poisson noyé dans le sang, la forme que prend la blessure sur l'hameçon. Tu comprends que le venin n'a pas sa place dans l'écriture. (p. 49)

Le jury a noté la  grande capacité de l’auteur à créer pour unir ce qui était désuni:

« La lumière tombait dans la noirceur de l’eau. /L’océan était une pelouse de rhizomes / qui la nuit ouvrait ses étoiles / marines». (p. 132)

D'une grande unité thématique, le recueil nous fait passer du début biographique de notre monde à l’intime biographie de son auteur :

Ma biographie est un souffle.
(Chloroforme, aspirines, bandages et une tache permanente
d'ichtyol.)
Une voix qui vieillit avant le corps
où elle reste prise.
Page repoussant le feu
l'encre et le poisson. (p. 147)

Le livre se termine sur une suite poétique vibrante sur Guadalajara, ville où vit le poète. Véritable pièce d'anthologie, son lyrisme nous rejoint intensément :
J'habite cette ville depuis mes yeux.
Il n'existe pas d'eau si sale qu'elle puisse la cacherou cesser d'en refléter l'image. (p. 169)

ou encore
J'ai appris des chats à ne pas être fidèle à l'homme.
Une escorte d'oiseaux a niché dans mes côtes.
Quelqu'un fut dans mon silence comme une longue corde. (p. 173)

Volonté de la lumière / Voluntad de la luz est une périphrase bien vivante de l’implication de ce poète dans son écriture en poésie et de son très sérieux travail éditorial: 

« Cette lumière brûle en moi/ de mes cendres / d’eau. /C’est pour cela que j’écris…/ qu’à nouveau / je prends mon envol. / J’ai toujours rêvé au sud. » (p. 154)

Luis Armenta Malpica se mérite donc, pour sa poésie, au-delà de ce recueil vaste et généreux, la bourse de 100 000 pesos mexicains offerte conjointement par le Seminario de Cultura Mexicana et le 33e Festival international de la poésie. Il sera, en plus, un des principaux invités de cette 33e édition. 

Rappelons que ce prix est attribué, les années paires, à un poète québécois par un jury mexicain et, les années impaires, à un poète mexicain par un jury québécois. 

Son écriture, telle qu’elle la conçoit et pratique, récupère, dans sa profondeur, le sens de l’existence humaine. 

Le jury était composé de Maria Baranda, poète (lauréate 2015), Coral Bracho, poète (lauréat 2011) et de Bernardo Ruiz, éditeur.

Rappelons que ce prix est attribué, les années paires, à un poète québécois par un jury mexicain et, les années impaires, à un poète mexicain par un jury québécois.

Lauréates/Lauréates

2016 : Louise Dupré (Québec)
2015 : María Baranda (Mexique)
2014 : Anthony Phelps (Québec)
2013 : Francesco Hernández (Mexique)
2012 : Jean-Paul Daoust (Québec)
2011 : Coral Bracho (Mexique)
2010 : Émile Martel (Québec)
2009 : Juan Bañuelos (Mexique)
2008 : Yolande Villemaire (Québec)
2007 : Elsa Cross (Mexique)
2006 : Jean-Marc Desgent (Québec)
2005 : Eduardo Lizalde (Mexique)
2004 : Claude Beausoleil (Québec)
2003 : Alí Chumacero (Mexique)

Présenté par Québecor, le Festival international de la poésie est rendu possible grâce à la participation du ministère de la Culture et des Communications; de Tourisme Québec; du ministère du Patrimoine canadien; du Conseil des arts et des lettres du Québec; du Conseil des arts du Canada afin de rendre hommage aux finalistes et aux gagnants des Prix littéraires du Gouverneur général ; de l’Organisation internationale de la francophonie et de la Ville de Trois-Rivières. 

Consultez fiptr.com pour plus de renseignements sur la 33e édition du festival.

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Source : Gaston Bellemare C.M.,O.Q., D.h.c.
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Festival international de la poésie
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