Le prestigieux prix Gatien-Lapointe / Jaime-Sabines 2013 est remis au poète Francisco Hernández


Trois-Rivières, le 4 septembre 2013 — Le Festival International de la Poésie (FIP) annonce que le lauréat du prix Gatien-Lapointe / Jaime-Sabines 2013 est le poète mexicain Francisco Hernández. Un jury mexicain avait soumis les candidatures de María Baranda, Vicente Quirarte et Francisco Hernández au jury québécois composé de Gaston Bellemare (président du FIP), Jean-Marc Desgent (poète et lauréat de ce prix en 2006) et Stéphane Despatie (poète et ex-directeur des Écrits des Forges, éditeur international de poésie).

Choisir une lauréate ou un lauréat parmi ces trois grands noms de la poésie mexicaine fut une décision très difficile. Comment ne pas prendre en compte l’imagination débordante et foisonnante de Quirarte qui élabore de grandes fresques complexes, parfois exubérantes, tout en peignant d’images simples, directes et poétiquement percutantes la réalité et le quotidien ? Quirarte a le cœur dans le regard. Il sait transformer le corps de l’amoureuse en « gerbe de soleil » (1), p.75) ou encore faire « des hanches féminines une planète illimitée. » (1), p.29). D’un autre côté, il sait très bien que « La cicatrice n’existe pas... la blessure ne se fermera pas, même si tu la soignes. » (1), p.91). Son réalisme lui fait conclure : « Le précipice / est la dernière terrasse vers le ciel. / C’est ici que finit le monde. C’est ici qu’il commence. / Les pas peuvent choisir entre deux chemins : le dangereux vin de la vie / ou l’opium rouge de la mort / qui ici se vêt de blanc» (1), p.93).

María Baranda possède une large palette d’habiletés stylistiques qui lui permettent de nous amener dans un monde remplie d’images charnelles qui sont d’une efficace modernité. « Ton ombre est la brume de ma peau, / la prophétie métallique de l’aube. », dit-elle (2), p. 11). Sa langue « est un flot par où tombe / la rumeur de la vie » (2) p.21). Baranda a « le cœur d’un enfant contre le vent ». Elle est d’«une seule rafale au vent » (2) p.15). Elle n’est « que l’ombre humide / et infinie / où le vent enfouit son discours. » (2), pp.75-77) car « ... les enfants ... en savent plus que moi / sous leurs paupières... » (2), p.79). 

Elle nous emporte par les images puisées au fond de son être et qui nous révèlent une part du monde que nous touchons uniquement par et dans nos rêves. Elle dit : « ... nous chantons les formes du désir, / attentives aux chroniques du rêve, / au souffle des sibylles / à la splendeur des miroirs... (2), p.97).Nous chantons / les mains vides et la langue étrangère, / sur les bancs, dans les rues, les chambres, / dans le parfum des lauriers-roses / le pur chant du poème. » (2), p.99.) Car, conclut-elle : « Nous ne sommes venus que pour dormir, / que pour rêver : / Ce n’est pas vrai, ce n’est pas vrai / que nous sommes venus pour vivre sur cette terre ! » (2), p.103)

« J’écris pour me voir dans ce que j’écris... » (3), p. 15). Voilà Francisco Hernández, le lauréat du Prix Gatien-Lapointe / Jaime Sabines 2013. Et son écriture-miroir est d’un lyrisme d’une grande créativité. Ses poèmes, toujours vivants et étonnants, nous le chantent sur plusieurs registres dans ses représentations des folies intimes, sociales et amoureuses des deux grandes figures de la culture allemande que furent Schumann et Hölderlin. Hernández maîtrise solidement son écriture. Cette maîtrise lui permet de nous faire ressentir fortement du dedans de lui tant les émotions du compositeur que celles du poète. Tous deux deviennent des Hernández. Il nous éblouit, et nous-mêmes devenons des Hernández tant son écriture touche l’universel via la richesse de la singularité. La musique de Schumann et les mots d’Hölderlin lui font écrire que son « poème ... grandit avec la nuit. » (3) p. 27). Car cette musique, dit-il, « détachée / des galeries souterraines de la démence / pousse dans mes veines ses bienfaisants alcools / et mène jusqu’à mes ligaments et jusqu’à mes os / ... le visage de l’autre qui se désespère en moi » (3) p. 29). 

Schumann écrivait sa musique avec son cœur. C’est au même endroit que puise « le bout des doigts » (3), p.39) d’Hernández pour écrire ses poèmes et « entendre la musique de (son) âme. » (3), p.33), pour que toute chevelure s’y baigne. (3), p.77). Comment, comme Hölderlin, chanter ses propres amours « sans vin / si je ne peux te boire dans mon verre (3), p. 79) ? Comment guérir ce « mal aux yeux de ne pas te voir » (3), p. 85) ? Car si « L’aurore me rend malade, la nuit m’éclaire. / Si l’aurore ne devait jamais revenir, / où mettrais-je toute cette obscurité ? » (3), p.139). Et Hernández, en amour, pratique et aime la créativité découlant de ce type d’opposition des contraires. Il en connaît tous les bénéfices tant pour son écriture que pour le bonheur de ses lecteurs : « Mais tu l’as toujours su. / Toute écriture est dans l’air, / une corde qui te serre le cou. » (3), p. 143). Mais « ...La mort sait que je suis immortel. » (3) p.47).

Rappelons que ce prix est attribué, les années paires, à un poète québécois par un jury mexicain et, les années impaires, à un poète mexicain par un jury québécois.


Lauréates/Lauréats

2012 : Jean-Paul Daoust (Québec) 
2011 : Coral Bracho (Mexique) 
2010 : Émile Martel (Québec) 
2009 : Juan Bañuelos (Mexique) 
2008 : Yolande Villemaire (Québec)
2007 : Elsa Cross (Mexique) 
2006 : Jean-Marc Desgent (Québec) 
2005 : Eduardo Lizalde (Mexique) 
2004 : Claude Beausoleil (Québec) 
2003 : Alí Chumacero (Mexique)


Présenté par Québecor, le Festival International de la Poésie est rendu possible grâce à la participation du ministère de la Culture et des Communications; de Tourisme Québec; du ministère du Patrimoine canadien; du Conseil des arts et des lettres du Québec; du Conseil des arts du Canada à l’occasion des Prix littéraires du gouverneur général 2013; de l’Organisation internationale de la francophonie et de la Ville de Trois-Rivières.

La 29e édition du Festival International de la Poésie se déroulera du 4 au 13 octobre 2013.

Consultez le site web du Festival pour connaître les poètes qui participeront à l’événement et pour découvrir une programmation emballante!

www.fiptr.com

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Source : Gaston Bellemare,
président du FIP (819) 691-7223

Téléphone : (819) 379-9813

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